Rassurons-nous, nos députés et ministres ne sont pas en vacances et le font savoir.
Ils se rendent dans les bars et les restaurants à l'instar d'Eric CIOTTI pour traquer les restaurateurs qui n'auraient pas baissé leurs prix, dans les entreprises en difficultés tel Christian ESTROSI ou dans les hypermarchés, comme Luc CHATEL qui vérifie, en personne, que l'accord entre le Ministère de l'Education Nationale et les enseignes de la grande distribution concernant le coût des fournitures scolaires est bien appliqué.
C'est après le tour des trés nombreuses popotes de l'été que nos vaillants ministres pourront, peut-être, prendre des congés, en espérant que le Président de la République leur donnera une bonne note pour cette activité tous azimuts.
Que ne feraient-ils pas pour être inscrits au tableau d'honneur du ministre le plus médiatique du mois? L'été est propice, la concurrence moindre.
Rachida Dati à l'Europe, le Président au repos, les pages leurs sont ouvertes pour eux tous seuls, ils en profitent.
S'il ne s'agissait que de dénoncer l'ultra démagogie de leur coup de pub, ce ne serait pas le plus grave.
Non contents de faire croire aux français qu'ils s'intéressent à leur pouvoir d'achat et à leurs difficultés, ils organisent, aussi, des mises en scène.
Oups, pas eux, j'entends.
Comment pourrions nous douter de l'honnêteté intellectuelle du ministre de l'Education Nationale qui ne savait pas "qu'une mise en scène artificielle de nature à tromper le grand public ou la presse" puisse être organisée lorsqu'il débarque, à l'improviste, dans un supermarché?
Est ce qu'on se moquerait de nous?
Comment peut-on imaginer que l'arrivée d'un ministre dans un hypermarché n'ait pas été complètement balisée avec la direction du magasin en question, y compris dans le moindre détail?
J'aimerais, du reste, connaître la teneur du communiqué de presse que les services du ministre en question ont adressé aux médias.
Le mieux pour notre ministre aurait été de se faire oublier. Les erreurs de communication, chacun en fait. Notre Président docteur es communication a bien traîté une personne de "pov con!", est ce que pour autant les citoyens lui en veulent? Ceux ci sont trés indulgents avec les puissants. Trop, je pense.
Et bien non, notre ministre s'enfonce, dément de manière véhémente et en profite pour embarquer tout le monde dans son mensonge.
Rien de rien, rien n'a été organisé par personne dixit la directrice de la communication des Mousquetaires (les bien nommés) contredite par la direction du magasin qui, elle, s'excuse pour "l'initiative".
On se demande, même, finalement comment le ministre est arrivé dans ce supermarché.
Qu'une conseillère municipale UMP soit présente pour louer les "essentiels de la rentrée" n'est que le fruit du hasard, qu'elle connaisse parfaitement ce dossier est aussi le fruit du hasard, qu'elle soit là, justement, ce jour là pour s'occuper de la rentrée de ses enfants (en a-t-elle seulement?) est toujours le fruit du hasard.
Finalement pas de chance pour Luc Chatel de tomber sur une vaillante militante UMP!
Va-t-on continuer à prendre les journalistes et les français pour "des veaux"?
Petit cours de finances publiques à l'attention de l'UMP/NC
18/08/2009 17:11:53
Les déclarations récentes d'Eric CIOTTI, au sujet de la baisse de la TVA sur les produits de la restauration passant de 19,6% à 5,5% (hors alcool), reprises sur toutes les ondes et ayant bénéficié d'une pleine page dans Nice Matin dimanche dernier, me laissent perplexe.
Voilà un député UMP, Président du Conseil Général des Alpes-Maritimes qui aurait donc voté une loi comme le ferait un bleu, sans même en avoir, au préalable, évalué les risques et qui, aujourd'hui, s'interrogerait?! Au grand dam d'H. NOVELLI secrétaire d'Etat aux entreprises et au commerce qui, du coup, ne sait plus trés bien comment prendre les intempestives déclarations de M. CIOTTI.
Est ce que les députés UMP et Nouveau Centre ont, naïvement, pensé trois secondes que les restaurateurs baisseraient, spontanément, les prix à la consommation? Mieux encore, allaient augmenter leurs salariés, les former et en plus embaucher!
Le tout sans aucun système de contrôle, de contrainte et de sanction en cas de constat de non application....mais au fait, application de quoi exactement?
Rien n'est imposé dans cette loi, rien n'est assuré si ce n'est une perte pour les caisses de l'Etat évaluée entre 2,5 et 3 milliards d'euros selon les estimations de Bercy ou du syndicat professionnel
(Vous savez, les caisses de l'Etat, celles qui servent, accessoirement, à payer les enseignants, les policiers et de manière générale les fonctionnaires d'Etat, construire des TGV ou donner un coup de main salutaire au secteur bancaire!....).
Certes, "des décisions" auraient été prises lors des Etats Généraux de la restauration.
Nous nageons en pleine illusion ultra libérale selon laquelle le marché se régulerait de lui même, sans nécessaire intervention des pouvoirs publics!
Il n'y a que des parlementaires UMP/NC pour se complaire naïvement dans le primo libéralisme, j'entends bien, celui d'Adam SMITH (XVIIIème siècle, c'est dire l'actualité de leurs références idéologiques!).
Ce n'est pourtant pas faute d'avoir été alertés par les députés et sénateurs d'opposition (relire les débats parlementaires).
Cela dit, certains restaurateurs feront, certainement, au mieux concernant la baisse des prix à la consommation et/ou l'augmentation de leurs salariés, et/ou la formation de leurs salariés et/ou des embauches. Merci à eux.
A croire que nos députés et sénateurs de droite ne vivent pas dans le même monde que le notre.
Par ailleurs, ils ont oublié la définition même de la TVA: Taxe sur la valeur ajoutée.
Venons-en, donc, à notre petit cours de finances publiques digne d'un étudiant en sciences économiques de première année voire d'un lycéen en Terminale ES.
La TVA est un impôt indirect sur les dépenses deconsommation.
Elle est payée par le consommateur et collectée par les entreprises qui participent au processus de production et de commercialisation. Le montant de la taxe est proportionnel au prix de vente hors taxe (HT)
C’est donc un impôt indirect payé par le dernier des consommateurs, sa baisse devrait mécaniquement FORCEMENT et EXCLUSIVEMENT profiter aux consommateurs finaux.
Rien à voir avec une quelconque politique de l’emploi, a fortiori avec une augmentation de la marge du restaurateur (ce qui sera le cas majoritairement, j’imagine mal la mise en place de sanctions ni même d'un moratoire tel que demandé par E CIOTTI.
Comment agir de la sorte après le gentil courrier de Xavier Bertrand envoyé aux retaurateurs et proposant une offre d’adhésion à l’UMP?)
Tout fout le camp en France, même les définitions basiques de finances publiques!
Penser qu’Eric CIOTTI serait le dernier des naïfs nous classerait nous même dans cette catégorie.Eric CIOTTI savait pertinemment, quand il a voté cette loi, que les consommateurs seraient les "dindons de la farce" (les salariés aussi).
Mais, Eric CIOTTI a besoin qu’on parle de lui sur une pleine page tous les week-end sur Nice Matin, que ses propos soient repris sur les ondes.
Et puis, Il doit impérativement faire semblant de s’intéresser au pouvoir d’achat des futurs électeurs azuréens.
Joli coup de communication, beau cynisme électoraliste, Eric CIOTTI est un politicien hors pair. Chapeau bas.
Aux politiciens hors pair, je préfère toutefois, largement, les grands politiques qu’ils soient de gauche comme de droite. Ils se font rares.
La famille SANTOS est assignée à résidence en attendant le déroulement de la procédure concernant une éventuelle régularisation.
Etonnament Christian ESTROSI, ministre d'Etat souligne, dans Nice Matin, qu'il gérait ce dossier depuis plusieurs semaines et en profite pour clouer Patrick ALLEMAND au pilori en fin d'article. Etait-ce le moment de régler des querelles politiques?
Puisque Monsieur le Ministre et M. BROCHAND député maire de Cannes géraient ce dossier depuis plusieurs semaines auprès de M. BESSON, pourquoi, alors, en être arrivé à l'extrémité d'une décision d'expulsion pour ce matin 6h30 pour Véa et sa maman finalement annulée hier dans la journée?
Pourquoi avoir permis qu'une petite fille de 5 ans reste, en prison, ne serait-ce qu'une journée de plus? A-t-on, seulement, pensé à l'angoisse de sa maman?
"çà y est maman, on sort de prison? On a le droit de rentrer à la maison? Tu crois qu'on aura le droit d'aller à la plage aussi? (déclaration de Véa à la sortie du centre de rétention de Marseille Nice Matin du 14 août)
Quel citoyen français peut-il entendre de tels propos dans la bouche d'une enfant de 5 ans et rester sans réaction?
Comment ne pas se rendre compte que nos ministres, nos députés, nos sénateurs sont de plus en plus en difficulté, localement, quand il s'agit de mettre en oeuvre cette loi inique?
Combien il est simple de ne gérer que des dossiers, des numéros et des chiffres et difficile de ramasser en pleine figure l'humanité, le sourire et les larmes d'un enfant, le désespoir d'une maman et d'un papa, la mobilisation des citoyens de tous bords.
La France est le pays des droits de l'homme.
Si certes, "La France ne peut pas accueillir toute la misère du monde" (Michel ROCARD); elle peut, sans complexe et avec honneur, conserver le meilleur d'elle même, ces personnes venues en France pendant 5, 10, 15 parfois 20 ans travailler, avoir des enfants, payer des impôts, enrichir notre pays.....
"mais elle doit savoir en prendre fidèlement sa part." (toujours de Michel ROCARD, suite de la citation volontairement tronquée par la droite décomplexée lorsqu'elle souhaite justifier sa politique d'immigration) Jamais, ces personnes ne devraient franchir les murs d'une prison pour le simple fait d'avoir souhaité se protéger en France, parfois au péril de leur vie. Sont-ils des délinquants?
On nous rabat les oreilles à longueur de temps de théories fumantes concernant la sécurité, et bien Messieurs Les Ministres (et tout particulièrement M. Le maire de Nice), allez jusqu'au bout de votre raisonnement, est-ce qu'un individu en danger dans son pays d'origine venant chercher protection en France est un délinquant?
Qu'en est-il, a fortiori, lorsqu'il s'agit d'un enfant?
M. C ESTROSI déclare dans Nice Matin que "cette loi qui est juste" doit s'appliquer "au cas par cas, surtout quand des enfants sont en jeu".
Ce qui serait "juste" ce serait qu'aucun enfant ne franchisse les portes d'une prison, qu'aucun parent venu demander sa régularisation parce qu'il a un enfant scolarisé dans l'école de la République ne se trouve menacé d'expulsion.
Quel message la France a-t-elle transmis?
Celui que la République Française souhaitait "piéger" les sans papiers par le biais de leurs enfants. Est ce là, une loi juste? Est ce là une loi digne de la République des droits de l'homme?
Que dire alors de la directive européenne dite "directive retour" qui permet de garder, des individus, des enfants, des adolescents, parfois seuls, dans un centre de rétention durant 18 mois (un an et demi!) en cas de difficultés administratives et ce jusqu'à leur expulsion, quel que soit leur âge. Les européens ne se sont même pas préoccupés des conditions d'accueil? Est ce digne de l'Europe?
Y a-t-il quelqu'un pour s'inquiéter de ce que deviennent tous ces gens (hommes, humains, individus, personnes,enfants, pères, mères) une fois retournés dans un pays qu'ils ont fuit ou qu'ils ne connaissent pas?
Mais qui donc dans les froids ministères, dans l'impersonnalité des cours de justice, dans le secret des cabinets, dans le bureau des préfets (comme le fût Jean Moulin, pour mémoire) qui donc s'en inquiète?
Qui prend de leurs nouvelles? Sont-ils simplement encore vivants lorsqu'ils retournent dans des pays en guerre? Des pays, parfois, contre lesquels la France elle même est en guerre! Y coupe-t-on la main des petites filles (pour mémoire discours de N SARKOZY 14/07/09 au sujet des talibans) parce qu'en France elles auraient appris à se mettre du vernis aux ongles?
Peut-on expulser un homme, parfois une famille dans un pays en guerre et s'endormir, le soir, tranquillement? Est ce possible?
Est ce digne de Rousseau, Voltaire, Condorcet, Montesquieu, Moulin?
Et si c'était vous, votre fille, votre petite fille?
12/08/2009 15:17:57
"On ne choisit pas où on nait".....et, pourtant, les parents de Véa ont choisi où naitrait, vivrait et où irait à l'école leur fille.
EN FRANCE, le pays des droits de l'homme!
Faut-il également rappeler que la France est signataire de la Convention Internationale des Droits de l'Enfant?
A l'appel du Réseau Education Sans Frontière
BESSON SE COMPLAÎT DANS L’HORREUR,
SARKOZY L’ENCOURAGE
Il y a quelques jours, l'Etat français faisait expulser vers l’Albanie une fillette de 8 ans, Z et son père.
La mère de l’enfant, totalement traumatisée par ce qu’on lui avait fait endurer était admise en psychiatrie à l’hôpital de Metz (au vu de son état, le commandant de bord a refusé de l’embarquer). Un bel exploit des services de Monsieur Besson.
Personne ne peut croire que tous les policiers de France sont fiers du travail de leurs collègues.
Flatté sans doute, Besson et ses services prévoient d’en rajouter dans l’horreur.
Ils envisagent, cette fois, d’expulser la mère et l’enfant tandis que le père resterait en France.
M. et Mme SANTOS vivent et travaillent à Cannes. Ils sont arrivés des Philippines il y a bientôt 10 ans. Leur petite fille, Véa (5 ans)née en France, y est scolarisée. Quoi de plus banal ? Mais ils sont « Sans-Papiers » Le 28 juillet 2009, leur vie bascule dans le cauchemar.
A 7h du matin, ils sont arrêtés par la police à domicile sur ordre du préfet des Alpes Maritimes (qui s'était déjà illustré en 2006 en expulsant la famille Raba), puis placés en garde à vue et transférés au centre de rétention de Marseille.
Seule difficulté du point de vue de l'administration : M. Santos n’a pas de passeport et ne peut pas être expulsé sans laissez-passer délivré par le consulat des Philippines.
Or, toute la famille doit être présentée au Juge de Libertés vendredi, avec le « risque » que le JLD fasse libérer tout le monde. Pour MM. Besson et Sarkozy, c’est un risque qu’on ne peut pas courir, d'autant que la famille Paladar (dont un enfant de 3 ans) arrêtée à Nice deux jours après et dans les mêmes conditions que la famille Santos a elle été libérée sur décision de justice) !
Ils ont donc décidé de précipiter l’expulsion de Véa et de sa mère tandis que M. Santos sera présenté au juge et peut-être libéré au moment où sa femme et sa fille seront mises dans l’avion pour les Philippines.
Il est hors de question que les choses se passent ainsi.
L’expulsion est prévue pour vendredi. Il faut que d’ici là, la voix de la population, la voix des citoyens se fasse entendre.
On a 48 heures pour empêcher l’irréparable (à savoir pour mémoire la déscolarisation de Véa, son arrivée dans un pays qu'elle en connait pas, loin de ses repères de petite fille cannoise de 5 ans , pays que ses parents ont fuit depuis bientôt 10 ans , dont elle ne maîtrise pas la langue!).
Il faut se faire entendre, par tous les relais possibles.
48 heures pour sauver Vea, et ses parents , pour activer tous les réseaux , 48 heures pour faire intervenir où qu'ils se trouvent personnalités et élus de tous partis
Auprès du préfet et du ministre Besson pour le principe.
Préfecture Alpes-Maritimes à l'attention de M. Le Préfet LAMY.
(Merci à l'auteur de ce dessin à qui je n'ai pas demandé d'autorisation d'édition parce que je n'ai pas retrouvé son nom, s'il passe par ici qu'il n'hésite pas à me le transmettre).
Le texte qui suit est issu d'un petit ouvrage collectif intitulé "Est ce ainsi que les femmes vivent?" avec en introduction le "manifeste des menteuses".
Y ont participé, Malika Mokeddem, Henri Pena Ruiz, Maïssa Bey, Benjamin Stora, Françoise Seligmann, Pierre Joxe et Geneviève Fraisse sous la coordination de Marie Louise Gourdon.
Il a été écrit à l'occasion du festival du livre de Mouans-Sartoux 2008.
Cette année là, le festival du livre avait pour thème "Résistance, l'origine du futur"? et partageait l'actualité avec un fait divers, a priori banal, puisqu'il s'agissait de l'annulation d'un mariage.
La raison de l'annulation l'était moins puisque le juge, au nom de la République Française, avait cru bon devoir annuler le mariage en question pour mensonge concernant la virginité de l'épousée. S'ensuivit le manifeste des menteuses et la co-édition par le festival du livre de Mouans Sartoux d'un petit ouvrage collectif avec les éditions de l'aube dans la collection "voix libres".
La Région Provence Alpes-Côte d'Azur a participé à son financement afin qu'il soit largement distribué gratuitement dans tous les lycées de la Région, le magazine Télérama l'a offert gratuitement à ses abonnés du Sud-Est et les auteurs, ont dans un but militant, offert leurs droit d'auteur.
Merci à eux.
"La femme est l'avenir de l'homme" Henri Pena-Ruiz
"Relisons Simone de Beauvoir. Dans le deuxième sexe, elle affirme: "On ne nait pas femme: on le devient". Que veut-elle dire? Que la femme existe d'abord comme être humain. C'est en tant que telle qu'elle est sujet porteur de droits. Et ce en amont même de la différence des sexes. Celle-ci, bien réelle, ce sont des sociétés régies par des rapports de forces qui décident d'en faire l'objet de discriminations. Et dés lors, l'éducation, la sédimentation des coutumes, la systématisation des représentations idéologiques vont véhiculer un traitement discriminatoire qui, à la longue, apparaît comme normal, surtout à ceux qui en tirent avantage.
L'habitude est une seconde nature rappelait Pascal. Telle est schématiquement, la généalogie de la mystification sexiste qui prétend fonder sur la nature une injustice millénaire.
La provocation verbale de Simone de Beauvoir est donc salutaire. Par la force du paradoxe, elle ébranle deux milles ans de préjugés afin de faire naître une interrogation là où le machisme ordinaire avait installé de pseudo-évidences.
La liberté et la plénitude de l'égalité des droits se réfèrent à l'être humain comme tel, abstraction faite de toutes différences. Une telle abstraction est émancipatrice, car elle délivre d'emblée les dominé(e)s de toute fatalisation du rapport de forces qui les assujetti(e)s. Certes, les différence existent dans la société, comme un fait, mais un tel fait ne vaut pas droit. C'est dire qu'aucune différenciation des droits selon le critère de sexe n'est légitime.
Les trois religions du Livre se développèrent dans des sociétés où l'homme dominait - et il est bien temps de récuser l'usage fait des mythes d'amazones dominatrices et de sociétés matriarcales originaires.
Les trois monothéismes ne surent guère prendre leurs distances à l'égard des préjugés sexistes de l'époque, et leurs textes de référence, pris littéralement, commirent l'erreur de convertir le fait en droit. Ce qui, même du point de vue de croyant(e)s, ne va pas sans problème. Dieu serait-il machiste ou sexiste? La question semble sacrilège, mais elle a sa justification.
Raisonnons en nous plaçant du point de vue de quelqu'un qui croit en Dieu. Si Dieu est conçu comme un être éternel, comment peut-il partager les préjugés d'une époque historique déterminée? Si Dieu est pure bonté, comment peut-il vouloir la domination d'un sexe sur l'autre? Et si Dieu est tout puissant, n'at-il pas le moyen d'empêcher le mal, au lieu de le faire advenir par la femme, maudite cueilleuse de pomme? Est-ce Dieu qui parle quand dans la Bible, les Evangiles et le Coran donnent la domination masculine comme allant de soi?
Les trois textes posent la hiérarchie entre les sexes comme une sorte d'évidence. Leurs auteurs n'ont-ils pas attribué à leur Dieu, les préjugés qu'eux même véhiculaient? Ce genre d'approche éclairée est recommandée par Spinoza, Averroes et Thomas d'Aquin ou Pascal. Seule la raison, liée bien sûr au coeur, peut opérer cette distinction des niveaux de lecture, et délivrer ainsi la conscience de représentation qui codifient un rapport de forces en enrôlant la divinité pour le sanctifier. On le voit, à la lumière de l'émancipation laïque: nul n'est invité à abandonner sa religion pour se libérer. La seule exigence est de délivrer la foi de préjugés historiques dont elle n'a pas à être solidaire, sauf quand les théologiens entendent faire la loi.
Olympe de Gouge est bien obligée de parler des droits de la citoyenne, non parce que la citoyenneté aurait un sexe, mais justement pour rappeler que la citoyennté masculine ne concerne que la moitié du genre humain: elle réalise le paradoxe étonnant de décliner l'universel en absolutisant une particularité (le sexe masculin). Si Olympe revendique le droit de monter à la tribune comme à l'échafaud, c'est pour s'étonner qu'une révolution qui a démoli la Bastille de l'enfermement arbitraire reste en chemin dans le processus d'émancipation universelle. Condorcet, qui voulait que l'instruction publique soit dispensée à égalité aux filles et aux garçons le dit, aussi, à sa manière.
Pour éviter tout ethnocentrisme, on remarquera que ce n'est pas la culture occidentale comme telle qui a fait naître l'idée de l'égalité nécessaire des sexes, mais la résistance pluriséculaire des femmes à toute logique d'oppression et d'infériorisation, ainsi que l'engagement résolu des hommes révoltés par la hiérarchie machiste. La réalité, vérifiable, c'est que ces valeurs sont nées à rebours des traditions occidentales, et non dans leur prolongement. Celles-ci n'ont elles pas véhiculé la notion machiste de chef de famille, la confusion sexualité procréation, et le thème de la femme au foyer?
Souvenons-nous de Mariatou Koïta, courageuse femme malienne qui refusait l'excision du clitoris en tant que mutilation multiforme de la femme, mais refusait aussi que cette excision soit présentée comme un trait culturel. Ce n'est pas trahir sa culture que de promouvoir des exigences éthiques et juridiques universelles, qui conduisent effectivement à vivre son appartenance à une culture de façon critique et distanciée.
Le chantage à la trahison est l'oeuvre des fondamentalistes qui veulent oublier qu'en son sens dynamique la culture est d'abord dépassement des préjugés, émancipation, et non soumission passive aux traditions les plus rétrogrades.
Pourquoi une femme devrait-elle administrer la preuve de sa virginité alors que l'homme n'est pas soumis à la même exigence? Pourquoi la pluralité des expériences sexuelles serait-elle jugée mauvaise chez la femme et normale, voire bonne, chez l'homme? Il faut en finir avec ces discriminations qui n'avouent pas leur nom et se cachent dans le langage commun.
Louis Aragon disait de la femme qu'elle est l'avenir de l'homme.
Comment comprendre cette formule qui touche le coeur comme la raison? On peut admettre que l'exigence d'une émancipation accomplie porte la femme au meilleur d'elle même, comme elle le fait pour l'homme. Deux êtres libres, disposant d'eux mêmes, adviennent ainsi et se tournent l'un vers l'autre dans le cadre d'un respect mutuel authentique, d'un désir qui n'est plus entaché de volonté de domination. Je me donne d'utant plus librement à l'autre que je garde la maîtrise de mon être. Et l'autre de même. N'est ce pas une relation autrement riche et gratifiante qui se crée ainsi? En luttant pour la femme, l'homme doit certes renoncer aux mesquineries et aux abjections de sa domination coutumière.
Mais il gagne une merveilleurse chance: celle de construire un couple où l'égalité dans la différence porte la vie cmmune à un niveau d'exigence qui est aussi une source d ebonheur. Ainsi compris, l'homme débarrassé des attitudes sexistes, deviendra l'avenir d ela femme." Henri Pena-Ruiz
Populisme par Alais REY " A mots découverts" chez Robert LAFFONT
05/08/2009 13:15:46
L'été, même laborieux, est l'occasion des lectures ou des relectures.
Ce livre d'Alain REY se savoure au grè des circonstances et des évènements.
Alain Rey est linguiste, lexicologue et philosophe du langage.
Il intervenait tous les matins aux alentours de 8h30 sur France Inter avec son "mot du jour".
"A mots découverts" est une compilation de ses "explications de mots". Il nous manque. Son retour à la radio ou à la télévision serait un vrai bonheur.
A la suite des incessants louanges et références d'un "certain commentateur en isme" du blog de Pierre MOSCOVICI, je n'ai pu m'empêcher de retrouver ce qu'Alain Rey disait du mot "populisme" en octobre 2003.
"Les mots politiques en isme ont du mal à ne pas dériver. Il est arrivé que le communisme devienne dictature, que le socialisme ne soit pas assez social, que le libéralisme n'ait plus rien à voir avec la liberté, surtout quand il est ultra, et que le mondialisme vise à dominer le monde. Une mésaventure analogue est arrivée au populisme. Le mot est apparu en littérature, à propos des écrivains qui voulaient écrire la vie du peuple.
Peuple, mot ambigu, car populus en latin, s'il s'opposait à senatus "les gens du pouvoir", s'opposait aussi à plebs, la "plèbe", avant de s'en approcher.
Déjà l'adjectif "populaire" n'était pas des plus explicites, mais le populisme, quand il ne concerne plus la littérature mais la politique, était voué à séduire le peuple électeur, et souvent à l'abuser, à le trahir.
De même, par rapport au peuple, démos en grec, deux attitudes sont possibles: la démocratie, qui pretend lui donner le pouvoir, la démagogie, qui cherche à le conduire, à le mener, de préférence par le bout du nez.
Démagogie et populisme, même combat.
Dans les attitudes et dans la communication politiques, il y a une dose de populisme, c'est-à-dire de manipulation de l'électeur.
Mais en démocratie, il y a une sanction, les élections libres qui reflètent la pluralité des opinions - alors que les tyrannies pratiquent l'élection bidon à 99%.
Il y a du populisme à droite comme à gauche: l'un énervé, rogneux, malheureux, nationaliste et frontal, l'autre plus guilleret, qui donne dans l'indignation facile. Un point commun, beaucoup d'affectivité et d'irresponsabilité, la sous-estimation des difficultés, une tendance à l'utopie.
çà peut séduire, mais dans cet univers impitoyable, le populisme, plus révolté que révolutionnaire, aboutit à bloquer les évolutions et les réformes nécessaires.
En bon français, çà s'appelle, foutre la merde. Qu'en dit le bon peuple"?
Dans la nuit du 4 août 1789, la déclaration des droits de l'homme et du citoyen abolissait les privilèges
03/08/2009 14:16:37
A l'APPEL DE RESF 06 et 13, AUJOURD'HUI, NOUS N’ACCEPTONS PAS !
Que dans notre pays, un préfet fasse incarcérer 2 petites filles de 3 et 5 ans
(familles travaillant à Cannes et Beausoleil depuis 8 et 9 ans, arrêtées à l’aube et enfermées au Centre de Rétention Administrative de Marseille avant expulsion).
La déclaration des Droits de l’Enfant est bafouée.
Exerçant notre droit et notre devoir de citoyen-nes,
Hurlons notre indignation !
Pour nous faire entendre,
Rassemblons-nous en grand nombre
Ce mardi 4 août
à 17h : devant le Palais de Justice de Nice (vieille ville)
Conférence de presse Appel aux élu-es et représentants de l’Etat
à 18h30 : cercle de silence exceptionnel place Masséna (à côté)
RESF 13 et d’autres militant-es, très mobilisés sur place, seront avec nous.
Merci de transmettre ces consignes à vos ami-es et organisations :
Habillez-vous en noir et/ou blanc. (T.shirt RESF si vous l’avez)
Brandissez devant les médias une peluche ou poupée (que vous conserverez)
« Je rappellerai que la démocratie est bien plus menacée
par l’obéissance servile que par la désobéissance civile ». Jean-Marie Muller
Les appels affluent à la Préfecture de Nice : continuez toute la journée et expliquez aux secrétaires (car les chefs ont l’air d’être tous à la plage !) que les fonctionnaires sont aussi des citoyens ayant le droit d’opinion. Argumentez le plus longtemps possible.
standard : 04 93 72 20 00
Chef cabinet : 04 93 72 22 01
Directeur cabinet : 04 93 72 22 02
Secrétariat de permanence : 04 93 72 21 05
les fax : 04 93 72 22 99 et 04 93 72 24 53 et 04 93 72 26 02