Nous étions, vendredi dernier, à tracter sur le marché de Cagnes sur Mer le long de l'hippodrome.
Pas de doute, nous étions bien sur la voie publique. Qui plus est, dans un lieu où culturellement "se fait la politique" : le forum, l'agora, l'endroit culte de la démocratie : le marché.
Quelle ne fut pas notre stupéfaction de nous voir interpelés par un agent de la police municipale que nous avions, quelques minutes plus tôt croisé.
Celui ci, nous demande ce que nous tractions. Nous lui montrons nos documents de campagne, manifestement politiques et socialistes. L'agent en question nous dit alors qu'il est interdit de distribuer sur le marché, qu’il est chargé de nous le dire conformément à la demande de son supérieur hiérarchique.
Connaissant quelque peu les libertés publiques et notamment celles liées à la liberté d'expression politique dans un lieu public, nous lui rappelons que nous ne portons pas atteinte à l'ordre public, que nous sommes en campagne électorale et qu'il serait très étonnant que M. Le Maire ait pris un arrêté en vertu de son pouvoir de police pour interdire la distribution de tracts sur les marchés.
D’autant que cet arrêté illicite irait également à l’encontre des militants UMP. Ceux-ci, toutefois, n’en seraient guère troublés, à Cagnes, au regard de leur totale absence auprès des citoyens lors de cette campagne. « Quand l’Europe veut, l’Europe peut »…..sans ses habitants !
L'agent en question, quelque peu troublé, nous demande alors nos noms et numéros de téléphone pour nous transmettre l'arrêté en question. Fort aimablement nous les lui communiquons.
Bien évidemment, une fois salué le policier, nous continuons, comme si de rien n'était, à militer comme tout militant l'a toujours fait, en rencontrant ses concitoyens.
Il en fallait d'autres pour inquiéter les militants aguerris que nous sommes.
Je n'imagine, bien entendu, pas une seconde que le Maire UMP de Cagnes sur Mer, Louis NEGRE, ait pris un tel arrêté contraire à la pluralité de l’expression politique.
Deux explications à cette attitude policière se présentent alors:
*un excès de zèle d'un agent de terrain ou
*une incompétence évidente de son supérieur hiérarchique le poussant à la faute.
Nous pourrions alors nous interroger sur le niveau de formation de ces agents et la pression qu'ils supportent pour, ainsi, aller à l'encontre des droits les plus élémentaires.
Que se serait-il passé si cet agent avait été confronté à des militants moins avertis, peut-être plus jeunes et fougueux?
Voilà comment se créent des situations inextricables.
A qui alors la faute si ce n'est à ceux qui envoient ainsi de jeunes gens ou femmes sur le terrain sans les avoir suffisamment formés ?
Cet épisode est toutefois symptomatique de la toute puissance policière que confère l’exigence sécuritaire des élus UMP dans notre département.
Vous créez Mesdames et Messieurs les élus UMP les conditions du n’importe quoi.
source de l'image: http://sarkopitheque.wordpress.com
Un débat secoue actuellement le landernau socialiste niçois au sujet des blogs et de la libre expression des blogueurs qu'il s'agisse de leur propre production ou des commentaires, sous couvert d’anonymat ou pas, faits sous les chroniques de l’auteur.
Je suis partagée à ce sujet.
Il y a, c'est incontestable, des blogs qui dépassent largement les limites du tolérable.
Je pense que leurs auteurs devraient être rappelés à l'ordre quand ils s'expriment au nom du Parti Socialiste et qu'ils sont outrageants pour des camarades ou pour leur parti. Il devrait en être de même lorsqu’il s’agit de courants de pensée proches du Parti Socialiste.
A quoi bon être socialiste si on est incapable de défendre la ligne politique commune définie par la direction à la veille d’une élection? Même en cas de désaccord avec la stratégie ou le fond politique fixé collectivement, il est impensable, en période de campagne, que certains socialistes s’expriment, librement, contre leur parti ou ses dirigeants voire qu’ils appellent à voter pour des candidats qui ne seraient pas socialistes !
La bataille rangée pourra toujours redémarrer lors des consultations internes. Nous sommes collectivement prompts à nous défouler et, souvent, à oublier ce qui nous rassemble.
Quant aux blogs qui lèveraient des questionnements concernant certains sujets dont tout le monde parle sous la cape, je trouve plutôt sain que les choses soient clairement exposées. Encore faut-il, bien entendu, que les personnes visées puissent librement répondre, qu’il ne s’agisse pas de diffamations et que les sources de l’information donnée soient citées.
Les blogs sont une boîte de Pandore, là où existait l'omerta des dirigeants, aujourd'hui, explosent les prises de parole, les avis, les analyses de citoyens lambda.
Evidemment, c’est dérangeant.La critique n’est jamais agréable à recevoir, les louanges sont bien plus gratifiantes. On s’insurge assez rarement lorsqu’on reçoit des compliments qui ne sont pas forcément mieux ou moins fondés que les critiques.
Toutefois, on ne peut pas prôner collectivement, dans les discours, la démocratie participative et s'étonner que les citoyens utilisent les blogs pour exprimer leurs questionnements, y compris entre camarades.
Globalement, qu'il s'agisse de blogs/sites d'hommes ou de femmes politiques de gauche comme de droite, les blogueurs sont, au final, plutôt responsables. Il existe entre blogueurs une net éthique qui leur permet de faire collectivement le ménage au sein de leurs blogs préférés. L’équilibre s’organise, en principe, tranquillement.
Pierre MOSCOVICI est le seul homme politique national à ne pas pratiquer la censure ou la modération. Tous les commentaires (exceptés, bien entendu, ceux qui seraient diffamatoires, racistes ou de manière générale contraires à nos principes républicains) sont immédiatement publiés.
Pierre MOSCOVICI prend la peine de les lire, parfois même de s'y référer dans ses chroniques et il lui arrive d'y répondre directement. Il a été, à plusieurs reprises, violemment attaqué personnellement et a calmement, méthodiquement et intelligemment répondu à ses détracteurs. De temps en temps, lorsque les commentaires ne respectent plus une certaine déontologie, il rappelle ses commentateurs à l’ordre et à plus de retenue, et, il est entendu (momentanément selon les sujets).
Les blogs et l'internet sont une grande chance pour la démocratie et le débat politique. Il peut y avoir des dérives qu'il convient de contrôler.
Il est paradoxal de condamner l'outil parce que quelques personnes auraient l’idée saugrenue (ou simplement le courage ?) de dire clairement et publiquement ce qu'elles pensent ou ce que de nombreuses personnes, dans la plus grande hypocrisie, disent tout bas (parfois, sans même avoir les éléments du questionnement).
Du reste, ceux qui critiquent l'outil commencent (et ils ont raison de le faire) par créer leur propre blog.
Paradoxe de l’homo piliticus....
Etre démocrate, c'est avant tout accepter la contradiction, savoir ouvrir le débat, argumenter pour s'assurer que, finalement, ses propres choix semblent être les meilleurs.
Chacun appréciant en son âme et conscience la qualité de ses choix.
Il s'adressera à tous ceux qui souhaitent comprendre l'évolution de la gauche, qui s'inscrivent dans une démarche d'échange et qui participent à la rénovation de nos idées et de nos outils pour conquérir le pouvoir.
Chacun pourra y retrouver des actualités, des textes de réflexions politiques, un réseau social, des fils RSS et tout ce que nous inventerons pour, collectivement, rebâtir le Parti Socialiste et construire un projet sur des bases radicalement réformatrices, solidaires, volontaires et positives.
Imaginons ensemble la France et l'Europe de demain
Ce site sera l’outil des militants au service de leur parti, il sera, aussi, un moyen d’information pour tous ceux qui seraient intéressés par notre démarche.
Chacun y sera le bienvenu dans le respect de l'opinion de l'autre
"La liberté d'informer n'est pas un droit fondamental" Mme C ALBANEL ministre de la culture
16/05/2009 22:04:06
www.mediapart.fr
Vendredi matin, j'emmenais ma fille au collège. J'écoutais, en voiture, France Inter, l'émission La Matinale. Edwy Plenel en était l'invité.
J'ai une toute particulière admiration pour ce grand auteur, libre de sa parole, pionnier du journalisme sur internet, le véritable courage tel qu’on le rencontre parfois, trop rarement.
J’aime ces hommes et ces femmes capables, jusqu’au bout du risque, d’aller chercher l’information et de nous la délivrer, parfois au péril de leur vie pour les plus exposés, souvent victimes expiatoires des dérives qu’ils condamnent.
Ceux, en bref, pour qui la vie n’est pas facile pour oser dire la vérité alors qu’il est tellement plus confortable, au final, de plier l’échine.
J’avais ce sentiment, bien agréable de bon matin, des minutes de radio à écouter avec délectation.
Edwy Plenel ne me déçut pas. Précis, argumenté, éclairé, son plaidoyer pour un journalisme libre des entraves du pouvoir politique et économique m’emmenait à penser que tout, dans notre belle République, n’était pas perdu.
Charte des droits et devoirs de Munich de 1971 en référence, Edwy Plenel nous rappela, notamment, comment les crimes de torture des Etats Unis d’Amérique en guerre contre l’Irak furent dénoncés par Seymour Hersh journaliste au New Yorker et permit, ainsi, aux américains de comprendre que leur grande démocratie avait dépassé les limites de l’acceptable dans la prison d’Abou Ghraib
Une fois ma fille déposée au collège, fort marrie, je dus quitter ma radio, pour préparer le petit dernier pour l’école, me disant que je reviendrais écouter Edwy Plenel , plus tard, grâce au postcad de France Inter (Merci Radio France).
Quelle ne fut pas ma stupéfaction lorsque j’appris que l’émission avait subi l’intrusion de JL Hess le nouveau directeur général de Radio France.
Paternaliste au possible, ce haut fonctionnaire, désigné par le président de la République, s'était invité dans l’émission d’Edwy Plenel pour expliquer que, non vraiment, l’indépendance de ce grand service public n’était pas en danger, que bien entendu les journalistes resteraient libres d’exercer leur métier sans aucune pression venue d’un pouvoir quel qu’il soit.
Nous étions rassurés. Nous l’aurions certainement été un peu plus si JL Hesse s’était abstenu de venir confirmer ce qui ne devrait faire aucun doute.
Cette insistance à affirmer des évidences en deviendrait suspecte.
En attendant, bon ventà Médiapart.
Edwy Plénel a besoin de ses lecteurs. Onze dépôts de plainte ont été enregistrés contre Médiapart pour ses papiers concernant la nomination de F Pérol à la tête de la caisse d’épargne.
Les procès coûtent chers et Médiapart n’est pas riche.
« On va vous laisser aboyer » disait M. Hess à l’attention d’Edwy Plenel vendredi matin.
Médiapart a enregistré plus de 300 abonnements supplémentaires; conséquence imprévisible pour le bon petit soldat du sarkozysme, de son stupéfiant intermède directorial.
Les citoyens continueront de soutenir la liberté d’informer, parce qu’il s’agit, n’en déplaise à Mme Albanel, d’un droit fondamental.
Extraits de l’excellent article de Maurice Sartre (professeur émérite de l’Université de Tour, spécialiste de la Syrie antique et de l’Orient hellénisé) dans l’Histoire N° 340 de mars 2009
« Le nom de Gaza aujourd’hui évoque, au mieux, un gigantesque camp de réfugiés où des centaines de milliers de Palestiniens entassés dans des conditions effroyables tentent de survivre coupés du reste du monde. Au nom de Gaza s’attache l’image du malheur de la misère, de l’isolement. Tout le contraire de ce que fut Gaza tout au long de son histoire.
Car Gaza, c’est plus de 2500 ans d’un passé souvent brillant, et toujours passionnant. Le court répit apporté par les accords d’Oslo dans les années 90 avait permis de lancer quelques fouilles aux résultats inespérés, même si la densité d’occupation du sol rend difficile une exploration réelle du site. Les efforts du tout jeune service des antiquités de Palestine paraissent aujourd’hui bien dérisoires face à la tragédie que vit la grande cité arabe.
Ce qui distingue Gaza, tout au long de son histoire, c’est qu’elle est, pas excellence, lieu de passage et de contacts. (…)
Elle apparaît pour la première fois, dans les années 1450 avant notre ère, dans les listes de villes soumises par le Pharaon Toutmosis III lors de ses multiples campagnes contre la Syrie. Peu après, dans les tablettes d’El-Amarna (moyenne Egypte), vestiges de la correspondance qu’entretient le pharaon avec les peuples du Proche Orient, elle est signalée sous le nom de « Hazattu » (qui est encore son nom arabe actuel, « Ghazzah »), comme la capitale de l’un des trois districts de la Syrie sous administration égyptienne. C’est là que réside un agent royal égyptien, chargé de surveiller la région ; mais la ville demeure un royaume dont le roi fait allégeance au pharaon. Reste sur nous ne savons pas grand-chose de cette première Gaza. Sa grande histoire commence avec l’arrivée de « réfugiés ».Déjà !
A la findu XIIème siècle avant notre ère, une partie de ceux qu’on appelle « les peuples de la mer », des populations chassées de divers points de la Méditerranée (Grèce balkanique, Crète), après avoir échoué à s’installer dans le delta égyptien, en Phénicie ou sur la côte nord de la Syrie (Ougarit) notamment (non sans y avoir détruit les pouvoirs en place), parviennent à prendre pied dans l’angle sud-ouest de la côte syrienne. Gaza devient ainsi l’un des principaux centres de cette population mêlée nommée « philistine » qui occupe l’essentiel de la côte jusqu’aux abords de l’actuelle Tel-Aviv (et dont dérive le nom de « Palestine », falestine en arabe).
Gaza la philistine est installée sur une butte à environ 3km de la mer (le géographe grec Strabon parle de 7 stades soit un Km et demi)
Durant le VIII-VIIème siècle, elle constitue un enjeu permanent entre l’Egypte d’une part et les Assyriens puis les Babyloniens d’autre part. Finalement après la prise de la ville par Nabuchodonosor II en 598, le dernier roi est exilé et la ville reçoit une garnison babylonienne.
Les Perses, maîtres de la Palestine à partir de 539 et de l’Egypte après 525 (….), confortent ce rôle de forteresse sur les marches de l’Egypte : ils installent à Gaza une puissante garnison chargée à la fois de garder la route côtière et de surveiller les établissements du Néguev.
Car Gaza occupe une situation ambiguë. Rappelons d’abord que la frontière d’Egypte, historiquement, ne se situe pas sur le tracé de l’actuel canal de Suez, mais à l’est du Sinaï, près de la ville que les grecs nommaient « Rapha » (Rafah aujourd’hui), une trentaine de km au Sud de Gaza. Une borne antique le rappelle de façon explicite. Par ailleurs, Gaza ne fait pas partie de la Judée, ni même du Royaume d’Israël, qui s’installe progressivement dans l’intérieur du pays à partir du XI-Xème siècle. Dans la Bible, un seul passage considère explicitement Gaza comme partie de la Terre Promise que se partagent les Douze Tribus (Josué, XV,47) : elle forme la limite du domaine de Juda, avec ses villages jusqu’au « torrent d’Egypte » (le wadi Ghazzeh à l’est du Sinaï). Mais dans la réalité, Gaza reste philistine. Et lorsqu’en quelques rares occasions, la ville est vaincue par Israël, elle conserve son Roi et se contente de payer tribut à Jérusalem en signe de soumission (….). Mais en dehors de très brefs épisodes, même lorsque les royaumes de Juda et d’Israël dominent toute la région, undistrict leur échappe, celui de Gaza et Ascalon.
La conquête perse dans les années 530 signe en tous cas les débuts d’une nouvelle prospérité de Gaza (…..)
C’est que Gaza la perse n’est pas seulement une étape essentielle sur la route côtière qui conduit de Phénicie en Egypte, elle est aussi le débouché des produits qui, par le désert du Hedjaz ou par la mer rouge ou Aila (Aqaba) viennent d’Arabie Heureuse (Le Yémen) ou de l’Inde. Epices, aromates, résines et pierres semi précieuses rejoignent Gaza ou les ports voisins (Raphia, Rhinocolure) pour être exportés vers les grandes villes de la Méditerranée : au 1er siècle de notre ère encore, Pline l’Ancien qui n’y avait jamais mis les pieds mais a beaucoup lu, compte 53 étapes depuis Marib, au Yémen, jusqu’à Gaza. Par la ville transitent également des esclaves, animaux exotiques, vins, produits agricoles de toute sorte. C’est le port des arabes. (…..)
Ville fortifiée, Gaza constitue aussi la tête de pont à toutes les expéditions lancées de la Syrie vers l’Egypte, notamment par le perse Artaxérès III en 343-342 avant JC. Après la reconquête de l’Egypte par ce roi, Gaza semble à nouveau le centre du pouvoir perse dans la région, où l’administration achéménide est bien attestée. La ville se retrouve, plus que jamais, au carrefour des trois mondes, l’Egypte, la Syrie et la péninsule arabique.
A partir de 334 av JC, l’Empire perse doit affronter un nouvel adversaire : Alexandre le Grand. Tandis que les armées du Grand Roi ont du céder deux fois devant celle du Macédoniens, et lui livrer la province de Syrie après la bataille d’Issos, en novembre 333, Gaza est défendue par une garnison perse renforcée de mercenaires arabes, dirigée par Batis, que des monnaies qualifient de « roi de Gaza ». Alexandre pensait s’en emparer sans difficulté, mais il lui faut l’assiéger pendant 3 mois.
Cette résistance qui a frappé les imaginations nous est rapportée par deux des principaux historiens d’Alexandre Quinte Curse (1er siècle de notre ère) et Arrien (175 ap JC) (…..).
Quinte Curse raconte comment Alexandre fit creuser des tunnels (déjà !) pour saper les longs remparts de la ville (….)
La destruction de Gaza par Alexandre marque pourtant le début d’une étape particulièrement féconde, celle de Gaza la grecque. Car si la population est massacrée ou vendue en esclavage, la ville est rapidement repeuplée par les habitants du voisinage, et probablement par des grecs. On ne sait quand elle acquiert le statut de « polis » mais il est évident que Gaza devient alors l’une des brillantes et riches cités grecques de la région. Au 1er siècle de notre ère, sa boulé (conseil) compte 500 membres et élit ses propres magistrats. (….)
Ses contacts avec les grecs sont anciens, car elle a constitué dés le Vème siècle avant JC au plus tard un relais pour le commerce grec vers le sud. D’ailleurs dés le milieu du Vème siècle, Gaza, avec ses voisines Ashdod et Ascalon (plus connue pour ses oignons au goût particulier auxquels la ville a donné son nom « échalote » !) avait frappé monnaie (….) (sur le modèle grec).
Gaza connait donc bien les grecs, marchand sou mercenaires au service des perses, et elle entre dans l’hellénisme sans difficulté. Elle sera, pour près de 1000ans, jusqu’à la conquête musulmane, l’un des centres économiques, intellectuels et artistiques grecs du Proche Orient (…..)
Dés la fin des années 150, Gaza acquiert une indépendance de fait, car entre la Syrie et elle se dresse un nouvel Etat, le royaume hasmonéen, cet état juif né de la révolte des Maccabées. Gaza cependant a fort à faire pour s’en protéger. Dés 160, Jonathan tente de prendre la ville, ravage ses faubourgs et l’oblige à livrer des otages mais sans réussir à s’en emparer réellement.
Pourtant en 97-96 av JC Alexandre Jannée l’Hasmonéen s’en empare enfin, ce qui a sans doute pour effet la ruine de la ville : la politique de judaïsation forcée conduites par les Hasmonéens fait fuir les populations non juives vers l’Egypte, la Syrie du Nord, la Grèce même. Gaza devient pour quelques temps « gaza deserta » jusqu’à ce que Pompée, après la prise de Jérusalem en 63 par les troupes romaines, délivre les cités grecques de la région de la tutelle hasmonéenne et les refonde comme poléis : Gaza retrouve ses lois, en même temps qu’elle se reconstruit à coté de l’ancienne ville déserte, plus près de la mer.
Incluse dans l’Empire Romain, la ville est rattachée à la province de Syrie, bien qu’elle en soit complètement séparée géographiquement. Donnée à Cléopâtre par Antoine au début des années 30 avant notre ère, confiée à Hérode par Auguste en 30, elle à nouveau rattachée à la Syrie en 4 av JC. Elle sera désormais, et jusqu’à la conquête musulmane, une cité provinciale de l’empire, conservant ses institutions de polis, dans le cadre de la province de Syrie, puis de Syrie-Palestine.
Son pillage par les juifs révoltés en 66 après JC, lors de la Grande Révoltes de 66-70, souligne s’il en était encore besoin, son caractère profondément païen. La ville se venge de ce pillage lors de la seconde révolte juive, celle de Bar-Kokhba en 132-135 : Hadrien lui accorde le privilège d’organiser la vente comme esclaves des prisonniers juifs. Au IIIème siècle, la ville est promue au rang de colonie romaine.
Gaza se construit, aux époques helléniste puis romaine, une identité composite dont l’anthroponymie donne une idée, mêlant arabes, Phéniciens, Edomites, Hébreux….(….)
Zeus Marnas est le principal Dieu de Gaza. Mais la ville abrite aussi un temple d’Apollon et, sur, ses monnaies, elle fait figurer la Tyché, la Fortune, symbole de la Cité, sous la forme d’une femme coiffée d’une couronne crénelée. Au fil du temps, d’autres dieux sont honorés et bénéficient d’un temple. Selon Marc le Diacre, au début du Vème siècle de notre ère, alors que les manifestations publiques du culte des dieux païens sont en principe interdites, la ville abrite encore, outre les temples de Zeus Marnas, d’Apollon et de Tyché, des sanctuaires de Coré, d’Hécate, d’Aphrodite, d’Hélios. Mais on vénère également Héraclès, sans doute le Melqart de Tyr, et il serait étonnant qu’Isis l’Egyptienne soit complètement absente.
La ville compte probablement une petite communauté juive (une synagogue du VIème siècle a été retrouvée au port de Gaza, mais c’est d’abord une ville grecque. Elle dispose d’un théâtre, d’un hippodrome surement d’un gymnase et d’un stade, dont rien n’a été retrouvé, tant la ville antique est enfouie sous la ville moderne (…..)
Ville carrefour, Gaza s’enrichir nonseulement grâce au commerce des épices et aromates, mais aussi par l’exportation des productions locales. Située aux portes du désert du Sinaï, elle jouit d’assez bonnes conditions agricoles (….). La mise ne valeur de cette zone aride grâce à une parfaite maîtrise de l’eau a permis le développement de la culture de la vigne. Et à partir de du IIème siècle Gaza devient grande exportatrice de vin (…..). Durant toute l’Antiquité tardive, ses amphores inondent les marchés méditerranéens. Dans le même temps se poursuit le trafic lointain : c’est par Gaza que passent autour de 500 les deux girafes que le roi d’Axoum (Ethiopie) envoie à l’empereur byzantin Anastase.
Cette richesse se traduit par un développement urbain que seul que seuls les textes nous permettent pour l’instant de mesurer (….). Les rhéteurs de Gaza décrivent avec talent les monuments fastueux de la Gaza chrétienne.
Gaza connut sans doute très tôt l’installation de chrétiens (….). C’est au début du IV ème siècle que la situation de la communauté chrétienne paraît un peu documentée (….) En fait les chrétiens semblent nombreux au port de Maioumas, notamment chez les commerçants originaires d’Egypte ou en relation avec ce pays, alors que la Cité de Gaza et son aristocratie profondément hellénisée restent fidèle à Zeus Marnas (…). Une fois encore, Gaza résiste, en refusant la foi nouvelle. Bien que Marc envoyé en ambassade à Constantinople ait obtenu un édit impérial ordonnant début 398 la fermeture de tous les temples païens de Gaza, le Marneion, sanctuaire de Zeus Marnas continue de fonctionner avec la complicité de l’agent impérial chargé de faire appliquer l’édit. C’est que l’empereur Arcadius lui même craint de provoquer la fuite de l’élite de cette ville riche qui rapporte de substantiels revenus aux finances impériales (….). En 402, finalement, l’empereur envoie la troupe détruite le Marnéion.
L’évènement a un retentissement considérable, tant le sanctuaire jouit d’une grande réputation dans l’ensemble du monde antique. De plus, Gaza illustre aux yeux des païens, encore nombreux, la résistance à l’intolérance des chrétiens (…..). La répression semble sans pitié, et une foule de païens se convertissent, dont Marc Diacre reconnait que beaucoup agissent par crainte. Sur les ruines du Marnéion, les chrétiens font dresser en 407 une gigantesque église cruciforme, l’Eudoxiana en l’honneur de l’impératrice Eudoxie.
Parallèlement le monachisme se développe dans la région, sous l’impulsion du rejeton d’une riche famille gazéenne, Hilarion (…..)
La ville est devenue un foyer actif de la vie chrétienne et de la vie intellectuelle. Elle abrite des rhéteurs, des philosophes, des grammairiens, des poètes (….).
C’est l’époque où Gaza se couvre de bâtiments nouveaux (….). Si toutes les inscriptions de la ville sont en grec, le gros de la population parle l’araméen et beaucoup ignore le grec.
Le début du VII voit les difficultés croître. Déjà, en 541, la peste bubonique a fait des ravages, comme dans tout l’Orient, mais la ville s’en est remise. Au tout début du VIIème siècle, des particuliers se cotisent pour en faire réparer les remparts. Double mauvais signe : d’abord on craint pour la sécurité de la Cité, d’autre part on ne compte plus sur l’état impérial pour assurer sa défense. De fait, il s’y produit depuis quelques années des raids de Bédouins venus du Sinaï (….) En juin juillet 637, les armées musulmanes s’en emparent.
Bien que la garnison qui refuse d’embrasser sur le champ l’Islam, soit massacrée, chrétiens, juifs et samaritains qui peuplent la ville ne semblent pas contraints à la conversion. De fait, jusqu’aux croisades, ces communautés restent florissantes dans une Cité qui devient majoritairement musulmane.
On ne saurait résumer en quelques lignes l’histoire de la Gaza musulmane, dont l’importance stratégique varie au fil du temps, selon que le Proche Orient musulman obéit à un seul maître ou à plusieurs.
Gaza reste une belle et grande Cité vantée par les voyageurs pour son artisanat, ses potiers, ses verriers, mais aussi pour ses jardins et ses vignobles. La ville devient centre de pèlerinage car on prétend que le grand-père du Prophète y est enterré. Occupée entre 1149 et 1187 par les croisés, elle voit l’Eudoxiana remplacée par une église moderne, gothique, transformée plus tard en mosquée, la « grande mosquée » qui subit de graves dommages lors des bombardements britanniques de 1917.
Malgré plusieurs batailles entre croisé et musulmans pour le contrôle de la ville, celle-ci demeure sous l’autorité de Saladin et de ses successeurs. Après la conquête par les Mamelouks vers 1260-1277, elle connaît une longue période de paix qui s’accompagne de la construction de bâtiments nouveaux (mosquées, khan). Mais des épidémies conduisent aussi à l’occasion à une chute brutale de la population, comme la peste de 1348 qui fait 22000 morts ou celle de 1438 qui en fait 12000.
En 1516, Gaza devient ottomane. A cette époque la ville a entamé son déclin : la découverte de la route directe d’Europe aux Indes par le cap de Bonne Espérance rend le trafic par la péninsule arabique sans intérêt autre que local. Gaza n’est plus qu’une bourgade assoupie, prospère sans doute sous l’administration de la famille Al Radwane investie par les turcs, mais que réveille à peine le passage de Bonaparte (24 février 1799) en route pour le Liban ou le bruit des armes lors de la bataille qui en 1840 oppose près de la ville les forces égyptiennes de Mohammed Ali à celle du Sultan de Constantinople.
Habituée à être administrée tantôt depuis l’Egypte, tantôt depuis la Palestine, Gaza subit l’occupation anglaise (1917-1948). Avec la proclamation de l’Etat d’Israël en mai 1948, s’ouvre une autre phase de son histoire ». MAURICE SARTRE
Merci à lui.
Par la transmisison de son savoir, il nous montre Gaza autrement que par l'actualité tragique.
Priorité aux citoyens : le mouvement syndical européen organise des journées d’action en mai afin de lutter contre la crise
07/05/2009 02:01:32
Du 14 au 16 mai 2009, la Confédération européenne des syndicats (CES) organise quatre Euro-manifestations dans des capitales européennes - Berlin, Bruxelles, Madrid et Prague - afin de lutter contre la crise, en plaçant les citoyens au cœur des priorités. Les syndicats européens participeront massivement à ces Euro-manifestations afin de promouvoir un nouveau Deal social pour l’Europe.
La CES considère qu’il est inacceptable pour les travailleurs et les citoyens de supporter le poids d’une crise qu’ils n’ont pas causée.
Le mouvement syndical européen a averti les autorités européennes que, sans mesures européennes coordonnées destinées à enrayer et à inverser la récession de l’économie européenne, les troubles sociaux se développeraient et s’intensifieraient.
Les droits européens fondamentaux - notamment les libertés, y compris la libre circulation des travailleurs, l’égalité et la solidarité - sont profondément remises en question par la crise.
Les citoyens ne tolèreront pas que le sauvetage des banques aille de pair avec un appauvrissement de nombre d’entre eux.
Pour canaliser une partie de cette détresse ainsi que la colère que suscite le manque d’ambition des mesures destinées à combattre la crise, les syndicats européens se mobilisent du 14 au 16 mai prochain Berlin (16 mai), Bruxelles (15 mai), Madrid (14 mai) et Prague (16 mai) en accordant la priorité aux citoyens.
Toutes les organisations syndicales affiliées à la CES enverront des délégations à Berlin, Bruxelles, Madrid et Prague.
Les informations pratiques sont en ligne sur le site web de la CES, ainsi que sur ceux de ses affiliés organisant les Euro-manifestations dans les quatre villes européennes.
La citoyenneté européenne et l'Europe politique n'existent pas par nature, elles se construisent.
Venez nous rejoindre sur le city-group des Alpes-Maritimes pour partager votre conception de l'Europe.