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Les déclarations récentes d'Eric CIOTTI, au sujet de la baisse de la TVA sur les produits de la restauration passant de 19,6% à 5,5% (hors alcool), reprises sur toutes les ondes et ayant bénéficié d'une pleine page dans Nice Matin dimanche dernier, me laissent perplexe.
Voilà un député UMP, Président du Conseil Général des Alpes-Maritimes qui aurait donc voté une loi comme le ferait un bleu, sans même en avoir, au préalable, évalué les risques et qui, aujourd'hui, s'interrogerait?! Au grand dam d'H. NOVELLI secrétaire d'Etat aux entreprises et au commerce qui, du coup, ne sait plus trés bien comment prendre les intempestives déclarations de M. CIOTTI.
Est ce que les députés UMP et Nouveau Centre ont, naïvement, pensé trois secondes que les restaurateurs baisseraient, spontanément, les prix à la consommation? Mieux encore, allaient augmenter leurs salariés, les former et en plus embaucher!
Le tout sans aucun système de contrôle, de contrainte et de sanction en cas de constat de non application....mais au fait, application de quoi exactement?
Rien n'est imposé dans cette loi, rien n'est assuré si ce n'est une perte pour les caisses de l'Etat évaluée entre 2,5 et 3 milliards d'euros selon les estimations de Bercy ou du syndicat professionnel
(Vous savez, les caisses de l'Etat, celles qui servent, accessoirement, à payer les enseignants, les policiers et de manière générale les fonctionnaires d'Etat, construire des TGV ou donner un coup de main salutaire au secteur bancaire!....).
Certes, "des décisions" auraient été prises lors des Etats Généraux de la restauration.
Nous nageons en pleine illusion ultra libérale selon laquelle le marché se régulerait de lui même, sans nécessaire intervention des pouvoirs publics!
Il n'y a que des parlementaires UMP/NC pour se complaire naïvement dans le primo libéralisme, j'entends bien, celui d'Adam SMITH (XVIIIème siècle, c'est dire l'actualité de leurs références idéologiques!).
Ce n'est pourtant pas faute d'avoir été alertés par les députés et sénateurs d'opposition (relire les débats parlementaires).
Cela dit, certains restaurateurs feront, certainement, au mieux concernant la baisse des prix à la consommation et/ou l'augmentation de leurs salariés, et/ou la formation de leurs salariés et/ou des embauches. Merci à eux.
A croire que nos députés et sénateurs de droite ne vivent pas dans le même monde que le notre.
Par ailleurs, ils ont oublié la définition même de la TVA: Taxe sur la valeur ajoutée.
Venons-en, donc, à notre petit cours de finances publiques digne d'un étudiant en sciences économiques de première année voire d'un lycéen en Terminale ES.
La TVA est un impôt indirect sur les dépenses de consommation.
Elle est payée par le consommateur et collectée par les entreprises qui participent au processus de production et de commercialisation. Le montant de la taxe est proportionnel au prix de vente hors taxe (HT)
C’est donc un impôt indirect payé par le dernier des consommateurs, sa baisse devrait mécaniquement FORCEMENT et EXCLUSIVEMENT profiter aux consommateurs finaux.
Rien à voir avec une quelconque politique de l’emploi, a fortiori avec une augmentation de la marge du restaurateur (ce qui sera le cas majoritairement, j’imagine mal la mise en place de sanctions ni même d'un moratoire tel que demandé par E CIOTTI.
Comment agir de la sorte après le gentil courrier de Xavier Bertrand envoyé aux retaurateurs et proposant une offre d’adhésion à l’UMP?)
Tout fout le camp en France, même les définitions basiques de finances publiques!
Penser qu’Eric CIOTTI serait le dernier des naïfs nous classerait nous même dans cette catégorie.Eric CIOTTI savait pertinemment, quand il a voté cette loi, que les consommateurs seraient les "dindons de la farce" (les salariés aussi).
Mais, Eric CIOTTI a besoin qu’on parle de lui sur une pleine page tous les week-end sur Nice Matin, que ses propos soient repris sur les ondes.
Et puis, Il doit impérativement faire semblant de s’intéresser au pouvoir d’achat des futurs électeurs azuréens.
Joli coup de communication, beau cynisme électoraliste, Eric CIOTTI est un politicien hors pair. Chapeau bas.
Aux politiciens hors pair, je préfère toutefois, largement, les grands politiques qu’ils soient de gauche comme de droite. Ils se font rares. |