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Fernand LEGER
La famille SANTOS est assignée à résidence en attendant le déroulement de la procédure concernant une éventuelle régularisation.
Etonnament Christian ESTROSI, ministre d'Etat souligne, dans Nice Matin, qu'il gérait ce dossier depuis plusieurs semaines et en profite pour clouer Patrick ALLEMAND au pilori en fin d'article. Etait-ce le moment de régler des querelles politiques?
Puisque Monsieur le Ministre et M. BROCHAND député maire de Cannes géraient ce dossier depuis plusieurs semaines auprès de M. BESSON, pourquoi, alors, en être arrivé à l'extrémité d'une décision d'expulsion pour ce matin 6h30 pour Véa et sa maman finalement annulée hier dans la journée?
Pourquoi avoir permis qu'une petite fille de 5 ans reste, en prison, ne serait-ce qu'une journée de plus? A-t-on, seulement, pensé à l'angoisse de sa maman?
"çà y est maman, on sort de prison? On a le droit de rentrer à la maison? Tu crois qu'on aura le droit d'aller à la plage aussi? (déclaration de Véa à la sortie du centre de rétention de Marseille Nice Matin du 14 août)
Quel citoyen français peut-il entendre de tels propos dans la bouche d'une enfant de 5 ans et rester sans réaction?
Comment ne pas se rendre compte que nos ministres, nos députés, nos sénateurs sont de plus en plus en difficulté, localement, quand il s'agit de mettre en oeuvre cette loi inique?
Combien il est simple de ne gérer que des dossiers, des numéros et des chiffres et difficile de ramasser en pleine figure l'humanité, le sourire et les larmes d'un enfant, le désespoir d'une maman et d'un papa, la mobilisation des citoyens de tous bords.
La France est le pays des droits de l'homme.
Si certes, "La France ne peut pas accueillir toute la misère du monde" (Michel ROCARD); elle peut, sans complexe et avec honneur, conserver le meilleur d'elle même, ces personnes venues en France pendant 5, 10, 15 parfois 20 ans travailler, avoir des enfants, payer des impôts, enrichir notre pays.....
"mais elle doit savoir en prendre fidèlement sa part." (toujours de Michel ROCARD, suite de la citation volontairement tronquée par la droite décomplexée lorsqu'elle souhaite justifier sa politique d'immigration)
Jamais, ces personnes ne devraient franchir les murs d'une prison pour le simple fait d'avoir souhaité se protéger en France, parfois au péril de leur vie. Sont-ils des délinquants?
On nous rabat les oreilles à longueur de temps de théories fumantes concernant la sécurité, et bien Messieurs Les Ministres (et tout particulièrement M. Le maire de Nice), allez jusqu'au bout de votre raisonnement, est-ce qu'un individu en danger dans son pays d'origine venant chercher protection en France est un délinquant?
Qu'en est-il, a fortiori, lorsqu'il s'agit d'un enfant?
M. C ESTROSI déclare dans Nice Matin que "cette loi qui est juste" doit s'appliquer "au cas par cas, surtout quand des enfants sont en jeu".
Ce qui serait "juste" ce serait qu'aucun enfant ne franchisse les portes d'une prison, qu'aucun parent venu demander sa régularisation parce qu'il a un enfant scolarisé dans l'école de la République ne se trouve menacé d'expulsion.
Quel message la France a-t-elle transmis?
Celui que la République Française souhaitait "piéger" les sans papiers par le biais de leurs enfants. Est ce là, une loi juste? Est ce là une loi digne de la République des droits de l'homme?
Que dire alors de la directive européenne dite "directive retour" qui permet de garder, des individus, des enfants, des adolescents, parfois seuls, dans un centre de rétention durant 18 mois (un an et demi!) en cas de difficultés administratives et ce jusqu'à leur expulsion, quel que soit leur âge. Les européens ne se sont même pas préoccupés des conditions d'accueil? Est ce digne de l'Europe?
Y a-t-il quelqu'un pour s'inquiéter de ce que deviennent tous ces gens (hommes, humains, individus, personnes,enfants, pères, mères) une fois retournés dans un pays qu'ils ont fuit ou qu'ils ne connaissent pas?
Mais qui donc dans les froids ministères, dans l'impersonnalité des cours de justice, dans le secret des cabinets, dans le bureau des préfets (comme le fût Jean Moulin, pour mémoire) qui donc s'en inquiète?
Qui prend de leurs nouvelles? Sont-ils simplement encore vivants lorsqu'ils retournent dans des pays en guerre? Des pays, parfois, contre lesquels la France elle même est en guerre! Y coupe-t-on la main des petites filles (pour mémoire discours de N SARKOZY 14/07/09 au sujet des talibans) parce qu'en France elles auraient appris à se mettre du vernis aux ongles?
Peut-on expulser un homme, parfois une famille dans un pays en guerre et s'endormir, le soir, tranquillement? Est ce possible?
Est ce digne de Rousseau, Voltaire, Condorcet, Montesquieu, Moulin?
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