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L'été, même laborieux, est l'occasion des lectures ou des relectures.
Ce livre d'Alain REY se savoure au grè des circonstances et des évènements.
Alain Rey est linguiste, lexicologue et philosophe du langage.
Il intervenait tous les matins aux alentours de 8h30 sur France Inter avec son "mot du jour".
"A mots découverts" est une compilation de ses "explications de mots". Il nous manque. Son retour à la radio ou à la télévision serait un vrai bonheur.
A la suite des incessants louanges et références d'un "certain commentateur en isme" du blog de Pierre MOSCOVICI, je n'ai pu m'empêcher de retrouver ce qu'Alain Rey disait du mot "populisme" en octobre 2003.
"Les mots politiques en isme ont du mal à ne pas dériver. Il est arrivé que le communisme devienne dictature, que le socialisme ne soit pas assez social, que le libéralisme n'ait plus rien à voir avec la liberté, surtout quand il est ultra, et que le mondialisme vise à dominer le monde. Une mésaventure analogue est arrivée au populisme. Le mot est apparu en littérature, à propos des écrivains qui voulaient écrire la vie du peuple.
Peuple, mot ambigu, car populus en latin, s'il s'opposait à senatus "les gens du pouvoir", s'opposait aussi à plebs, la "plèbe", avant de s'en approcher.
Déjà l'adjectif "populaire" n'était pas des plus explicites, mais le populisme, quand il ne concerne plus la littérature mais la politique, était voué à séduire le peuple électeur, et souvent à l'abuser, à le trahir.
De même, par rapport au peuple, démos en grec, deux attitudes sont possibles: la démocratie, qui pretend lui donner le pouvoir, la démagogie, qui cherche à le conduire, à le mener, de préférence par le bout du nez.
Démagogie et populisme, même combat.
Dans les attitudes et dans la communication politiques, il y a une dose de populisme, c'est-à-dire de manipulation de l'électeur.
Mais en démocratie, il y a une sanction, les élections libres qui reflètent la pluralité des opinions - alors que les tyrannies pratiquent l'élection bidon à 99%.
Il y a du populisme à droite comme à gauche: l'un énervé, rogneux, malheureux, nationaliste et frontal, l'autre plus guilleret, qui donne dans l'indignation facile. Un point commun, beaucoup d'affectivité et d'irresponsabilité, la sous-estimation des difficultés, une tendance à l'utopie.
çà peut séduire, mais dans cet univers impitoyable, le populisme, plus révolté que révolutionnaire, aboutit à bloquer les évolutions et les réformes nécessaires.
En bon français, çà s'appelle, foutre la merde. Qu'en dit le bon peuple"?
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